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Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron
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pilpil
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EURE

MessagePosté le: Sam 30 Juil 2016, 08:09    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Un petit roman pour l'été est-ce que ça vous dirait?

 A la demande de MDM j'avais écrit l'an passé sur le personnage de Charles Edmond Serre (collaborateur important de Louis Renault à découvrir dans la rubrique).
Comme il n'existe que peu de documentation à son sujet, et pour obtenir un récit attrayant j'avais choisi de faire une FICTION. C'est à dire de coller le plus possible aux faits, lieux, personnes... de l'époque (voir bibliographie ci_dessous), mais de broder. Les personnages importants ainsi que les dates et les lieux sont avérés.
Mais je suis parti d'une hypothèse invérifiable et peu probable... quoique tout à fait possible.
L'important pour moi étant de mettre en valeur le caractère et l'implication de CESerre auprès de L.R. .
Pour la forme je sais que la lecture sur le Forum n’est pas très pratique sur des textes trop longs, mais que trop tronçonner le récit le rend peu compréhensible. Je choisirai donc un compromis.
Une fois le récit bien démarré je placerai un lien vers un pdf global.

Bonne lecture...



Sources Documentaires :
* SITE de Louis Renault de L. Dingli :  http://louisrenault.com/       *http://louisrenault.com/index.php/temoignages/684-entretien-filme-avec-jacqueline-serre-15-mars-2012
*Louis Renault et Chausey Jean-MichelThévenin
*50 ans d’Automobile J.A. Grégoire
*Renault l’Empire de Billancourt J. Borgié & N. Viasnoff
*Forum Renault d’Avant Guerre : http://www.les-renault-d-avant-guerre.com
*Wikipedia
* SITE MDM :     http://mes-renault.pagesperso-orange.fr/
*Renault Histoire     http://www.renault1418.com/#3._Louis_Renault
*Daily Telegraph : http://www.les4verites.com/economie-4v/louis-renault-ou-la-honte-dune-natio…  
*Libération : http://www.liberation.fr/cahier-special/2004/06/05/chausey-havre-des-aviate…
* Manche Libre :
*Valeurs Actuelles 29-01-2015 :
*Paquebot Ile de France : http://chatounotreville.hautetfort.com/archive/2011/08/23/a-bord-de-l-ile-d…
*Granville : https://books.google.fr/books?id=hs6gr3XuohMC&pg=PA18&lpg=PA18&…
*http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000886347&dateTexte=20071221
http://www.archives.manche.fr/imageProvider.asp?private_resource=12154994
https://www.google.fr/maps/place/La Grande Noé, 61290 Moulicent/@48.5673108…
http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2015/01/16/26010-20150116ARTFIG000…
http://www.lecanardrépublicain.net/spip.php?article567
http://immat1928.free.fr/index2.html
 


Dernière édition par pilpil le Sam 30 Juil 2016, 08:33; édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 30 Juil 2016, 08:09    Sujet du message: Publicité

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pilpil
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MessagePosté le: Sam 30 Juil 2016, 08:31    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Début novembre 1944,

Charles Edmond Serre ne ressentait plus rien. Les minutes s’égrenaient maintenant sans hâte. Le flot des images si douloureuses s’était tari.
Ses yeux de nouveau attirés par la lumière extérieure, se mirent à parcourir la pièce. Lentement. Ses larmes ne coulaient plus. Il était si bien là, affalé dans le fauteuil, sans force, sans vie.
Depuis combien de temps ?

 Il ne bondit pas de son siège ; ce ne fut pas une révélation subite. Son regard avait franchi le seuil du bureau du Patron pour s’arrêter sur une portion de mur dans la pièce d’à coté.

Progressivement, une pensée brumeuse prit la place du vide qui s’était fait après tant de souffrances. Une de ces connexions inconscientes comme le cerveau en réserve parfois.

Il lui sembla revenir à la vie. Comme atterrir.

Une certitude inexplicable. Le haut-parleur devint de plus en plus distinct… comme ses idées.

Le cadre de bois pendu au mur occupait tout son champ visuel.

 Le testament de Louis Renault !


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Celta83
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MessagePosté le: Sam 30 Juil 2016, 10:52    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Très bonne idée!  Bravo Bravo Bravo Bravo Bravo
_________________
Celta83
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pilpil
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MessagePosté le: Sam 30 Juil 2016, 13:51    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

                                             1
  

 

 

 

 

Herqueville quelques jours auparavant,






         Il la voyait marcher de long en large, les yeux rougis par plusieurs nuits d’insomnie. Il y avait aussi une sorte de peur animale au fond de son regard.

-Ils me l’ont assassiné ! Il n’était quasiment jamais sorti du coma depuis qu’ils l’avaient transféré à la clinique Saint-Jean-de-Dieu.

Sa voix allait crescendo. Ses bras s’agitaient en tous sens. Elle s’adressait à la cantonade, les yeux mi-clos.

… Ses crises d’urémie ont bon dos ! Il a reçu des coups. J’en ai eu la confirmation par le médecin. Ils l’ont tué…

Sa phrase s’acheva dans un sanglot.

Il regarda Maître Ribet face à lui, intervenir calmement :

-Christiane, chère amie, asseyez-vous je vous prie.

L’avocat se leva et la prit par le bras avec douceur. Il l’entraîna vers un des grands canapés et l’aida à s’y installer. Puis se tournant vers l’homme silencieux face à lui :

-Monsieur Serre vous n’êtes pas sans connaître les menaces qui planent sur l’Entreprise ? On ne peut considérer ce qui nous apparaît de plus en plus comme un assassinat, que comme une composante programmée d’un plan plus large.

Il marqua un silence.

Son confrère Maître Charpentier acquiesça :

-Les forces face à nous sont très puissantes. Le juge Martin qui s’occupait de l’inculpation, est tout sauf un excité. Il savait bien que d'un strict point de vue judiciaire, il avait devant lui un dossier vide. Malgré tout il n’a rien pu faire…

Charles Edmond Serre restait muet. Comme Pierre Rochefort, le secrétaire du Patron, assis un peu plus loin à sa droite. On avait enterré Louis Renault ! Ces phrases si simples n’arrivaient pas à prendre de sens. Tout ce qu’elles recouvraient avait déclenché la tempête qui s’était installée dans sa tête. Il avait retourné mentalement tous les évènements de ces dernières semaines, sans trouver ni réponse, ni bien entendu apaisement. Il priait chaque jour. Il s’était fait une barrière intérieure pour ne pas penser. Pour garder cette apparence publique faite de calme et d’une certaine distance qu’il avait coutume de montrer. Dignité et Fonction obligent…

Malgré son visage grave, il ne pouvait rester insensible à la peine de Christiane et Jean-Louis effondrés en face de lui. Le jeune homme complètement perdu restait muré dans son silence.

- Vos visites, nos démarches, Madame, ont permis de le libérer, poursuivit Maître Ribet, malheureusement voyant qu’il leur échappait… l’avocat laissa sa main en l’air quelques secondes, avant de poursuivre :

…Il faut aujourd'hui regarder vers l’avenir et il est sombre !

Serre, face à lui, restait toujours coi.

… la Réquisition des Usines dès l’incarcération de Louis Renault il y a un petit peu plus d’un mois maintenant, la campagne haineuse de la presse, l’Humanité en tête, depuis le mois d’août, la présence de Communistes dans le gouvernement provisoire… tout nous fait craindre un coup fatal contre l’Entreprise et la famille Renault.

Une imperceptible agitation des doigts de Charles Edmond Serre n’échappa pas à la sagacité du ténor du barreau qui s’adressa à lui :

-Monsieur le Directeur Technique, vous êtes à la fois le plus ancien et le plus fidèle collaborateur de Louis Renault.

Maître Rivet crût percevoir un impalpable radoucissement du visage de son interlocuteur.

… Avec Monsieur Rochefort, ceux qui peuvent encore au sein de l’entreprise, suivre les évolutions, nous aider à préserver…

Il laissa sa phrase en suspens, ayant surpris sur les traits de ses interlocuteurs, une mimique interrogative.

… René de Peyrecave votre Directeur général est toujours incarcéré, remplacé par un administrateur provisoire, placé là pour la remise en route, suivant les plans du Gouvernement Provisoire de De Gaulle.

Il regarda droit dans les yeux, l’homme en face de lui. Il n’hésita pas à essayer un des effets de manche qui faisaient de lui un des meilleurs avocats du barreau parisien:

- Madame Renault pense que vous êtes les seuls…

Il laissa un blanc, observant les yeux de Serre qui instinctivement s’étaient détournés vers elle.

Charles Edmond Serre croisa une faible lueur dans le regard éteint de la femme prostrée en face de lui.

… Madame Renault pense que vous êtes ceux en qui elle peut avoir confiance pour l’aider à préserver ses intérêts légitimes et continuer à assurer la bonne marche de l’entreprise dans l’esprit de Louis Renault.

Maître Ribet se tourna un peu théâtralement vers elle, guettant peut-être un acquiescement. Elle leva des yeux absents vers eux :

- Maîtres, Messieurs, je vais me retirer si vous le voulez bien.

Ils la regardèrent se mettre debout chancelante et sortir du salon. Jean-Louis la suivit comme un automate.

L’avocat laissa passer intentionnellement de longues secondes d’un silence pesant, croisant les yeux de son collègue qui lui renvoya un signe discret.

Charles Edmond Serre sous son masque froid, réfléchissait à toute vitesse. Les mêmes questions qui tournaient en lui depuis la mort du Patron. Louis Renault enterré, l’Entreprise sans lui… Quel avenir ?...

 -Messieurs… Vous savez que Louis Renault avait fait un testament. La première partie signée le 9 avril 40 est maintenant la seule qui nous intéresse, puisque la seconde partie rédigée juste avant de partir aux Etats Unis sur ordre du Ministre de l’Armement Dautry, elle, règle sa succession dans le cas où Madame Renault et Monsieur Jean-Louis décéderaient avant lui !


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Pt47_112
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Durtal (49)

MessagePosté le: Sam 30 Juil 2016, 15:20    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Bon, je vous dis tout (ou presque! Razz ):

Pilpil a eu la bonté de me présenter ce récit en exclusivité il y a quelques mois déjà.
Je l'avais trouvé très bien fait, fort agréable à lire et nettement moins compliqué que son précédent grand roman Wink. (Vous vous souvenez? La V12, maître Ornage, le petit anar polygame,..., le feu à la fin! Wink )
Le caractère de réalité-fiction de cette nouvelle œuvre pouvant déranger, Pilpil ne savait pas trop comment il devait la diffuser et les choses en étaient restées là depuis.
Enfin j'ai contacté Pilpil très récemment pour lui demander où cela en était, et comme il n'y avait rien de nouveau je lui ai proposé de tout simplement publier son récit sur le forum.
J'avais aussi éventuellement suggéré de changer certains noms pour que le récit passe de réalité-fiction à fiction pure, mais Pilpil n'a pas adopté cette option. Il a sans doute eu raison de vous présenter son travail originel.
Appréciez le, il en vaut la peine. Okay Okay Okay
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RNO
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BELGIQUE

MessagePosté le: Sam 30 Juil 2016, 16:12    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Razz Sommes prêts à dévorer ce récit Okay
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tamalou51
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seine et marne

MessagePosté le: Dim 31 Juil 2016, 06:33    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Excelente idée, un roman pour la plage  Okay , je vais attendre la version PDF  mais il faudra que ce soit avant le 10 Août. Wink  
 
_________________
La seule chose promise d'avance à l'échec c'est celle que l'on ne tente pas.
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Cabviva
Pilier

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Corse

MessagePosté le: Dim 31 Juil 2016, 07:58    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Shocked Voila vraiment une excellente idée, avec un très bon narrateur Okay  
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pilpil
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MessagePosté le: Dim 31 Juil 2016, 08:47    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Merci en effet à PT47 de m'avoir relancé.. et de ses compliments qui me font  Embarassed . Il ferait un excellent impresario (je ne suis pas sûr qu'on appelle comme cela ceux qui font la promotion des livres Very Happy )  .
 J’ai en effet choisi de garder le personnage de CE Serre tout en répétant bien (pour ne pas choquer qui que ce soit) que c'est une pure fiction pour ce qui concerne les actions de CES.
@ Tamalou: je vais essayer avant le 10 aout.
A tout le monde merci de votre intérêt. J'espère que vous apprécierez.


LA VERSION entière en PDF:  http://docs.les-renault-d-avant-guerre.com/CESerre-roman.pdf


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pilpil
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MessagePosté le: Dim 31 Juil 2016, 08:51    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Maître Charpentier tendit une feuille à son collègue.
-« Mes dernières volontés : »… je vous résume… il demande à sa femme et son fils de veiller à l’exécution testamentaire… Il désire que soit assurée la continuité de son œuvre…

Ribet lisait en travers.

Il se tourna vers Pierre Rochefort :

… il vous charge de la défense des intérêts de sa famille et de prendre conseil auprès de Monsieur Fuchs…

Celui-ci fit un léger hochement de tête.

… voyons… Il donne quasiment les pleins pouvoirs à Monsieur de Peyrecave… jusqu’à ce que son fils Jean-Louis puisse en assurer la charge… ensuite… Il désire que son « neveu François Lehideux conserve les fonctions et attributions particulièrement importantes pour la bonne marche et l’avenir des usines, telles que je les lui ai confiées… ».

Il s’arrêta pour constater que l’expression de visage de ses deux interlocuteurs avait pris un ton beaucoup plus sévère.

… Nous y reviendrons Messieurs si vous le voulez bien. Je poursuis : Monsieur Serre, pour les questions techniques il vous laisse « la haute direction de toutes les études et fabrications. »…

Il tourna la page et poursuivit sa lecture survolée à mi-voix :

Voilà pour l’essentiel… signé Louis Renault.

Puis reposant la feuille, il regarda Serre et Rochefort, les mines graves en face de lui:

-On voit donc bien qu‘à cette époque, logiquement Monsieur Renault ne voulait rien changer à une organisation qui donnait toute satisfaction ! Mais à cette époque l’Armistice n’était pas signée…

L’avocat sentait monter chez ces deux hommes habitués à affronter des situations difficiles, une colère qui durcissait leurs traits.

…Comme vous le savez, Monsieur Renault est… était pardon, actionnaire de ses entreprises à plus de 95%. Un tel testament nous permet d’engager une procédure visant à empêcher toute spoliation ! Mais, mais… Les années d’occupation et les évènements qui en ont découlé ne nous permettent plus de faire appliquer les dernières volontés de Monsieur Renault, stricto-sensu ?

-Le Patron ne pouvait pas deviner les trahisons, ni les accusations injustes qui l’ont conduit… ni l‘incarcération de Monsieur de Peyrecave, ni le comportement de Monsieur Lehideux …

Maître Ribet leva lentement la main pour mettre fin à la soudaine colère qui envahissait Charles Edmond Serre, le faisant sortir de sa retenue habituelle.

La voix de l’avocat était calme.

…Nous allons y revenir. Vous savez que nous sommes entrés à la prison de Fresnes de nombreuses fois. Je vous ferai grâce de ce que nous y avons constaté ! Mais nous y avons recueilli des confidences faites par l’infirmière qui s’occupait de Monsieur Renault, juste avant qu’elle n’en parte.

Comme Serre radouci, levait un sourcil interrogatif, Maître Ribet précisa :

…Une complicité bien naturelle s'était établie entre eux. Il s’est confié à elle.

L’avocat regardait l’homme en face de lui qui le scrutait toujours imperturbablement. Mais il lui semblait percevoir une agitation intense derrière son haut front. Il continua à ménager ses effets en bon professionnel des prétoires.

… il lui aurait parlé d’un autre testament…

Charles Edmond Serre et Pierre Rochefort attendaient la suite le plus calmement qu’ils le pouvaient.

Maître Ribet laissa encore un silence :

…si les dires de cette infirmière sont avérés, on pourrait penser que tout n’est pas perdu...

Charles Edmond avait froncé les sourcils. Ribet continua imperturbable :

…  Cependant le testament en question ne semble pas disons… approprié.
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pilpil
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MessagePosté le: Lun 1 Aoû 2016, 08:52    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

L’avocat s’arrêta brusquement. Edmond Serre s’impatientait :
-Que voulez-vous dire ?

-Monsieur le Directeur, vous n’êtes pas sans savoir qu’il se répand l’idée que Monsieur Renault ait un peu perdu ses esprits par moments ces dernières années. Il nous faut donc trouver, premièrement si ces écrits existent ; et dans ce cas surtout les examiner en détail.

Les deux hommes devant lui allaient ouvrir la bouche, mais Ribet anticipa par une question :

-Avez-vous de votre coté, quelque information sur cet autre testament ?

Pierre Rochefort était sorti de son mutisme :

-Maître, ces dernières années, Monsieur Renault avait parfois de réelles difficultés de concentration et supportait difficilement les obligations diverses. Mais il avait encore toutes ses capacités intellectuelles, je peux en témoigner ! Pour ma part je n’ai jamais entendu parler de quoi que ce soit sur des écrits testamentaires !

Edmond Serre enchaîna :

- Si vous pouvez faire que l’œuvre de Louis Renault perdure et que l’Entreprise de ce fait retrouve sa place d’avant guerre, je serai bien entendu disponible et le premier à œuvrer pour. Comme vous le savez j’ai déjà, durant toutes ces années noires, commencé à préparer le jour où la production pourrait redémarrer… Mais donnez-nous des précisions sur ses dernières volontés !

Ribet ne répondit pas directement :

-Merci Messieurs !

Un sourire se dessina sur sa bouche.

Charles Edmond Serre essayait de se détendre, tout en envisageant quelles dispositions Le Patron pouvait avoir prises…

Après son retour des Etats-Unis avec l’Armistice signé, et l’administration militaire allemande occupant ses usines de Billancourt… Ce pourrait être logique qu’il ait corrigé le tir lorsqu’il apprit que François Lehideux avait voulu l’évincer profitant de son absence. Trahi par son propre neveu ! Et puis l’attitude de Peyrecave !

 

-Voici donc ce que nous a rapporté l’infirmière.

 
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pilpil
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MessagePosté le: Mar 2 Aoû 2016, 09:08    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

                                                                              

                                                                          2

 

 

 

 

 

        Charles Edmond Serre s’était sans s’en rendre compte, un peu penché en avant, comme si des oreilles indiscrètes allaient tenter de saisir leur conversation.

Maître Ribet prit un ton plus grave, mais qui semblait aussi plus naturel, moins calculé :

-Nous avons donc avec Maître Charpentier, réussi à retrouver cette fameuse infirmière. En ces périodes troubles, il y au moins un avantage, un peu d’argent ouvre beaucoup de portes. La brave femme ne voulait surtout pas avoir d’ennuis et fut très effrayée de nos questions. Mais comme je viens de le dire… elle a fini par se laisser convaincre. Par contre…

L’avocat fit une moue et écarta ses bras paumes en l’air d’un air d’impuissance :

… elle ne témoignera jamais de rien officiellement. Je n’ai aucun mal à imaginer les pressions que les Camarades ont été capables de lui faire. Tout cela au nom du bonheur futur de l’humanité, n’est-ce pas ?

Il eut un triste sourire entendu, à l’adresse de ses interlocuteurs qui l’écoutaient avec une grande attention, puis enchaîna rapidement :

…Voici donc ce qu’elle nous a déclaré.

Il sortit d’une poche un gros carnet qu’il feuilleta rapidement avant d’en écarter les pages et d’y poser son pouce.

-Je vous passe les parties où elle le trouve : « très profondément attristé, et réclamant sans cesse sa femme et son fils». L’impression que nous a laissée cette femme…

Il se tourna alors vers son collaborateur.

… c’est une grande sincérité dans son dévouement pour Monsieur Renault.

Maître Charpentier opina :

-On la comprend, voir un tel homme déchoir à ce point. Et puis elle pouvait observer chaque jour ses conditions de détention. Elle n’a d’ailleurs rien voulu préciser à ce sujet !

Son collègue en avait profité pour lire en travers la suite et il poursuivit son résumé :

- Elle s’est donc efforcée de le distraire… je passe murmura-t-il, « …il avait quotidiennement la conviction qu'il allait être libéré d'un moment à l'autre... Il était très inquiet de ne rien savoir ».

Elle ajoute même : « mais le soir il s'endormait à l'aide d'un gardénal que je lui donnais à son insu dans un tilleul». 

L’avocat leur jeta un sourire puis repartit à sa lecture. Charles Edmond Serre le vit sauter plusieurs lignes du regard en marmonnant.

-Voilà ! Le passage qui nous intéresse !

Maître Ribet avait relevé ses yeux et le regardait par-dessus ses lunettes. Ses pupilles pétillaient.

… Ecoutez cela ! Elle nous a déclaré textuellement : « Il m'a dit: Ils veulent me confisquer mes usines, mais la fortune, ça m'est égal maintenant. Vous savez moi un atelier, et des machines ça me suffirait, comme quand j’ai commencé. J’avais un dessinateur… »

Elle a ajouté spontanément : « Je ne me souviens plus du nom qu’il m’a donné… quelque chose comme Serte ou Serve… »

L’avocat avait relevé de nouveau son regard. Interrogatif.

Charles Edmond était resté coi.

Ribet regardait Monsieur Serre en silence comme s’il voulait scruter ses réflexions les plus profondes. Edmond Serre ressentit une gêne qu’il voulait absolument dissimuler, comme la sensation chaude de plaisir qui lui montait du ventre :

-Ça n’a pas d’importance pour ce qui nous préoccupe aujourd’hui. Continuez s’il vous plait.

-Donc… Oui… Elle a poursuivi : « Il m’est resté fidèle toute ma vie, et cette période reste parmi les plus belles années de mon existence ».

Il lui confie qu’il est encore capable de construire une auto… Oui… Puis c’est là le passage intéressant : « Ils ont nationalisé mes usines, ils sont idiots, à ma mort, ils auraient eu bien davantage. J'avais fait un testament quand je suis parti en Amérique, j’avais pris mes dispositions et je donnais mes usines à mes employés. »

Serre et Rochefort étaient abasourdis.
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pilpil
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MessagePosté le: Mer 3 Aoû 2016, 08:26    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Maître Charpentier reprit la parole:
-Ce qui bien entendu représente une confusion avec le vrai testament dont nous parlions tout à l’heure !

-Alors… Affabulation ?  Peut-être un mélange entre deux souvenirs ? La vraie question pour nous est de déterminer si ce nouveau testament a pu être écrit ? Nous en avons d’abord écarté l’hypothèse… mais devant les déceptions de Monsieur Renault au fil de l’Occupation, on s’est demandé s’il n’avait pas été tenté par une reconnaissance de ce que son personnel a pu endurer durant ces années noires tout en faisant tourner l’Entreprise malgré tout ?

Devant le mutisme de ses interlocuteurs, Ribet poursuivit :

-Vous imaginez bien entendu Messieurs, que nous lui avons fait répéter en lui demandant si elle était bien certaine de cette phrase ? Maître Charpentier le coupa :

-Elle s’est d’abord un peu énervée, nous disant qu’elle n’était pas venue nous chercher et que si on ne la croyait pas… Bien entendu, nous l’avons rassurée et elle a persisté en nous répétant la même phrase.

Maître Ribet reprit la parole en cherchant une fraction de seconde dans le texte sur ses genoux :

-Donc je disais : A ce moment l'infirmière nous a dit qu’il s’était arrêté, et que silencieux, il semblait chercher dans sa mémoire. Puis muet, il semblait désolé de ne pas trouver. Il était alors devenu triste et lointain. Elle a essayé de le faire sortir de ses pensées et a senti que Monsieur Renault, après un silence et les yeux dans le vague, allait préciser ses dires mais qu’à ce moment un mouvement derrière la porte de la chambre l’avait fait se refermer. Comme une huître a-t-elle ajouté.

Un silence absolu régna quelques longues secondes dans la pièce,

L’avocat reprit la parole en montant progressivement le ton :

-Qu’en pensez-vous?

Rochefort et Serre restaient obstinément muets complètement absorbés dans leurs pensées.

… A-t-il rédigé ces dernières volontés là? Sont-elles restées dans son esprit ? Imaginez qu’elles refassent surface ! Ce serait pain béni pour ceux qui veulent spolier la famille Renault… et aussi c’en serait fini de l’Entreprise ! La Soviétisation en marche irrémédiablement !

Il laissa un blanc.

Charles Edmond Serre alors prit la parole d’une voix presque inaudible:

-Effectivement… Est-il possible que Le Patron ait pris de nouvelles dispositions au vu de la tournure des évènements et de la déception immense qu’il a ressentie vis-à-vis de Lehideux et de Peyrecave ?

Il regarda successivement chacun de ses interlocuteurs suspendus à ses lèvres.

Ce fut Pierre Rochefort qui enchaîna :

-Monsieur Renault n’aurait jamais déshérité sa famille ! Jean-Louis en tous les cas ! Nous n’avons assurément qu’une information partielle sur le contenu exact… 

Maître Ribet laissa un long silence avant de reprendre la parole :

-Messieurs, il faut tout de même être prudent…

Le ton de Ribet était maintenant doucereux. Charles Edmond attendait. 

…Cette dame nous affirmé que lors de cette conversation elle pouvait nous assurer que Louis Renault avait toute sa tête. Elle a d’ailleurs ajouté : « Contrairement au cycle normal de la maladie, Monsieur Renault retrouvait l’usage de la parole  lorsqu’il éprouvait de fortes émotions ». Si on peut penser qu’elle a une certaine compétence pour en juger, il ne faudrait pas oublier aussi qu’il avait de nombreux moments de perte de mémoire et d’aphasie ! 

Charles Edmond Serre se replongea dans son mutisme. Les idées se bousculaient : Lehideux répandant des rumeurs pour le déstabiliser … Peyrecave, plus tard avec qui il était entré en conflit sur un plan plus intime… Mais alors quels espoirs pour l’entreprise ?

 

L’avocat regarda alternativement Rochefort et Serre :

-Il faut que dans le plus grand secret, nous trouvions ce testament… et le plus vite possible ! Le temps joue contre nous car la pression sur le gouvernement provisoire pour faire tomber l’Empire Renault est terrible.

Il s’arrêta pour rendre sa phrase plus solennelle. Décidément pensa Charles Edmond, chassez le naturel…

… Vous faites partie Monsieur Serre et vous Monsieur Rochefort des hommes de confiance et nous savons pouvoir compter sur vous.
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pilpil
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MessagePosté le: Jeu 4 Aoû 2016, 08:58    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Charles Edmond Serre sortit un peu plus tard du Château. La nuit recouvrait tout.
-Mon Dieu que faut-il faire ?

La seule certitude, hélas et là il n’y avait pas de quoi pavoiser, le Patron n’était plus là. De ce coté plus aucune espérance…

Il descendit la route pavée grossièrement après avoir passé la grande grille pour atteindre le bord de Seine dans le noir. Respirant profondément l’air frais qui montait à l’assaut de la colline, il prit son temps, réexaminant toutes les hypothèses.

Le Patron était encore là à ses cotés l’accompagnant vers l’embarcadère ! Il ressentait une responsabilité nouvelle vis-à-vis de celui qui lui avait toujours fait confiance. Ses mots à l’infirmière, comme une reconnaissance posthume et tardive mais qui n’en avait que plus de valeur. Louis avait pensé à lui jusqu’au dernier moment ! Ce n’était pas vraiment étonnant, mais comme c’était bon !  44 ans de collaboration, de loyauté mutuelle… Qu’il avait, il se l’avouait, trop souvent pensée à sens unique.

Edmond pouvait maintenant seul dans sa barque, se laisser aller à être heureux :

-Patron vous pouvez compter sur moi ! déclara-t-il aux flots noirs qui tentaient mollement de faire dériver son embarcation.

Il eut hâte soudain de rentrer, de retrouver la chaleur de son chez-lui sur la rive d’en face.

Vendredi… L’habitude si lointaine maintenant de partir dans l’Eure pour le week-end. Il ne vivrait plus jamais ça…

Les filles qui venaient le chercher à Billancourt tout juste sorties de leur pension de Boulogne et qui attendaient impatiemment qu’il termine enfin sa journée. La route jusqu’à Porte-Joie, leurs rires dans la voiture...

Ce soir c’était un vendredi bien particulier hélas. Elles étaient déjà couchées. Dans la maison qu’il distinguait devant lui, la cheminée devait ronronner calmement. Cette cheminée sur laquelle Louis passait ses doigts en en palpant la matière. Il l’entendit :

-Elle est belle…

L’embarcation cogna doucement le petit ponton. Charles Edmond l’attacha avec précaution et s’engagea sur le chemin de la maison.

Penser à autre chose, prendre les filles et Germaine dans ses bras... Mettre Jacqueline, sa Kaky, sur ses genoux et la laisser poser sa tête de grande gamine sur son épaule… Douze ans déjà.

Elle grandit si vite !

La maison était assoupie. Aucune envie de dormir. Il ranima le feu et se renversa dans un des fauteuils.

Tout tournait dans son esprit : des brumes de souvenirs qui remontaient, comme tout à l’heure le petit brouillard sur la Seine.

Des réflexions de Louis : dans la voiture, lors de leur voyage le 6 septembre à destination de Moulicent. Chez le Baron Robert de Longcamp, ex-directeur des usines du Mans, un vrai résistant de l’OCM, qui l’avait invité pour se reposer.

Edmond Serre fit une petite moue. Et c’est là que Le Patron était tombé malade ! Il avait fallu lui trouver une clinique.

Qui aurait pu alors se douter qu’il serait incarcéré juste après?

Les yeux dans le vague, le regard absorbé par le mouvement des flammes, il tentait de se remémorer ses propos…

Le long voyage en voiture… Le silence après le départ. Le Patron enfermé dans son mutisme douloureux. Charles Edmond s’était demandé s’il était dans une de ses phases végétatives provoquées par son aphasie ; comme il en avait parfois. Entre deux rémissions où ses facultés redevenaient intactes. La difficulté de comprendre ses quelques onomatopées perdues dans le bruit du moteur…

Il se leva comme un automate pour donner quelques coups de tisonnier dans les braises et regrouper les derniers morceaux de bois qui achevaient de se consumer. Des flammes reprirent.

Il avait du mal à organiser toutes les pensées qui l’assaillaient. Il avait bien anticipé avec Picard les types de voitures à sortir après la guerre, persuadé qu’elle finirait bien un jour ! Devancé le redémarrage de l’entreprise… mais avec Le Patron ! Il s’était peut-être leurré sur son état réel ? Mais comment même imaginer qu’il ne soit plus aux commandes ?

Plus de Louis Renault ! Plus de François Lehideux

Il eut un sourire en pensant à Germaine lorsqu’il lui avait annoncé, il y a une dizaine d’années, la nomination du neveu :

-Espérons que son nom ne soit pas un mauvais présage.

Il l’avait un peu rabrouée pensant qu’elle ne se rendait pas bien compte des vrais enjeux… C’était un homme capable, un très proche de Louis, tout de même ! Même si au fil des années, Charles Edmond avait remarqué et souffert aussi, de l’arrogance et du manque d’humilité de ce jeune patron qui s’était vite considéré comme le véritable dirigeant de l’entreprise, ne prenant même plus la peine d’informer Le Patron de ses décisions.

 

Edmond s’agitait dans son siège.

Et René de Peyrecave… En conflit aussi avec Louis depuis le début de la guerre.

Mon Dieu, comment relancer l’usine, maintenant ?

Il se releva, tournant en rond, repartant vers la cheminée remuer le feu d’une main mécanique, les yeux perdus dans la braise rougeoyante.

Louis avait légitimement de quoi remettre en cause beaucoup de choses !

De là à léguer son Entreprise à ses employés ?

 

La fatigue commençait à le gagner, l’empêchant de se concentrer efficacement.

Il raccrocha sa pince. Il serait bien temps d’y penser demain. Il y avait eu bien assez d’émotion pour aujourd’hui !

Il commençait à ne plus avoir chaud non  plus. Il décida d’aller dormir.

 

Sortant de la pièce, il songea avec tristesse à ce pauvre Jean-Louis, trop jeune, pas du tout préparé à diriger, au grand dam de son père !

Ce testament : un moyen aussi de libérer son fils, de ne lui laisser que la fortune et pas les tracas ?

Un moyen de tenter de laisser son œuvre à ceux qui avaient vraiment intérêt à ce qu’elle survive ?

 
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MessagePosté le: Jeu 4 Aoû 2016, 09:14    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron Répondre en citant

Pilpil, vous auriez probablement mieux fait d'attendre la rentrée pour publier cette excellente histoire sur le forum.
Il y a trop peu de lecteurs en ce moment, et en tout cas les réactions sont bien rares. Sad
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 16:00    Sujet du message: Une petite histoire pour l'été : Le Testament du Patron

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